lundi 26 novembre 2012

Viol, la honte doit changer de camp...

La journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes est célébrée le 25 novembre et soutenu par l'Organisation des Nations Unies. La date du 25 novembre est récente. Cette célébration d'après l'OMS a pour source un évènement particulier, l'assassinat le 25 novembre 1960 des sœurs Mirabal en République dominicaine.

C'était hier, et à cette occasion, France 2 a diffusé un reportage sur le viol. Un recueil de témoignages sur ce qu'elles ont subi. Lien vers le reportage

Dans certains pays, la femme violée est considérée comme coupable. La France a beau être le pays des droits de l'Homme, j'ai l'impression que c'est la même chose ici. Mais d'une manière différente...

En France, 75 000 femmes se font violées chaque année. ça représente en moyenne un viol toutes les 8 minutes (!!). Sur ces 75 000 femmes, on estime que 10% d'entre elles portent plainte. Sortons les calculettes: ça donne 7 500 femmes qui portent plainte. Tiens, d'un coup ça fait vachement moins! Mais seulement 2% des violeurs sont condamnés. En supposant que chacune de ces 75 000 femmes a été violée par un seul homme, ça revient à 75 000 violeurs potentiels. Et (ressortons nos calculatrices) 2% de 75 000 ça donne 1500. 1500 condamnés sur 75 000, ça fait encore moins que les plaintes! Effarant non? Surtout que dans toutes ces statistiques, les mineures et celles qui n'ont jamais déclaré avoir été violées ne sont pas incluses...


Le viol est un crime, d'ailleurs voilà ce que dit le code pénal:
Article 222.23 du Code pénal (loi du 22 juillet 1992)
« Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol. »
Le viol est un crime n'est-ce pas? Pourtant ce sont les victimes qui se sentent coupables, sales, et qui ont honte. Parce qu'elles l'ont cherché, elles se sont habillées en "mode pute", parait-il. Mais quand j'entends ça j'ai envie d'étrangler le mec qui dit ça et de gifler la femme qui le répète. Oui ça me met en rogne. Je n'ai pas été violée, mais j'ai subi des attouchements: en pleine rue à Mayotte, on m'a touché les fesses. Je ne suis pas du genre à m'habiller en mini-jupe, je suis trop pudique. Les décolletés ça m'arrivait, mais pas ce jour là. Je ne connaissais pas cet agresseur, je ne l'avais jamais vu. Alors comment j'aurais pu chercher à me faire peloter dans la rue??

Et puis ce qui m'énerve aussi, c'est que lorsque la victime décide de porter plainte, les commissaires qui accueillent cette victime lui posent des questions sur sa façon de s'habiller, sur ses relations sexuelles passées. Pourquoi la victime doit-elle se justifier de cette manière? Comme si le fait qu'elle est été prostituée ou qu'elle avait l'habitude de mettre des décolletés devait mettre en doute sa sincérité... juste écoeurant...

On entend aussi: "mais pourquoi elle ne s'est pas défendue?" et bien voici la vidéo et l'article qui l'expliquent: http://tempsreel.nouvelobs.com/viol-le-manifeste/20121123.OBS0352/video-ce-qui-se-passe-dans-le-cerveau-pendant-un-viol.html

Le verdict de Créteil pour le procès des viols en réunion (et non des "tournantes" comme les médias aimaient bien le qualifier, genre la femme est un joint qu'on fait tourner...) a fait réagir beaucoup. Il y a eu des campagnes d'informations, des interviews, et puis le manifeste de 313 publié dans le journal Nouvel Observateur. Si justement ils sont reconnus coupables, pourquoi sont-ils condamnés à des peines avec sursis? La justice est aberrante parfois...

Souvenons-nous que n'importe qui peut se faire violer, et la plupart du temps c'est par quelqu'un de notre entourage. Le viol, ce n'est pas nécessairement une ruelle sombre à 3h du matin. Il y a toute une éducation à refaire: quand une femme dit non, c'est non. Même si elle porte un décolleté, même si elle est en mini-jupe, même si elle a les jambes écartées, NON C'EST NON! Et l'expression "L'homme propose, la femme dispose", oubliez-là, c'est juste du n'importe quoi.

Pour les filles, les femmes qui sont passées sur ce blog et qui ont lu l'article jusqu'au bout: ce n'est pas à vous d'avoir honte, ce n'est pas de votre faute si vous avez subi des attouchements ou un viol. Il faut absolument en parler, il faut absolument le dire à quelqu'un de proche en qui vous avez confiance. Il faut porter plainte le plus rapidement possible, être accompagnée à ce moment là. Ne plus avoir peur. Le viol ne doit pas être un tabou.



http://www.contreleviol.fr/viol-en-france/temoignages?page=1

PS: récemment, une jeune fille en Inde s'est suicidée après un viol collectif, tandis qu'une autre décède des suites de ses blessures consécutives à son viol collectif. Dans tous les pays, il faut que ça cesse, il faut que ça change...

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