lundi 14 janvier 2013

[TW: viol] Inde: une étudiante meurt quelques jours après avoir subi un viol collectif

Bonsoir tout le monde! Me voilà de retour après les partiels à la fac (qui se sont plutôt bien passés d'ailleurs, mais là n'est pas le sujet)

Je souhaitais aborder ce sujet, qui m'a énormément touché, non seulement par sa violence sans nom, mais aussi parce que ça concerne la condition des femmes dans un pays que j'avais énormément idéalisé pendant mon adolescence.

En bref, une jeune étudiante de 23 ans (presque mon âge) sort du ciné avec son ami un soir, et montent à bord d'un bus scolaire presque vide qui n'était pas en service, après que le chauffeur leur avait proposé de les emmener pour le prix d'un ticket normal. C'est après que tout va mal:
son ami se fait tabasser avec une barre de fer et la jeune femme se fait violée dans le bus par les six hommes présents, dont le chauffeur, avant d'être balancée hors du véhicule, nue, sur le bord de la route, avec son ami nu aussi. Les passants sont restés indifférents à leur sort, pendant un long moment avant qu'ils ne soient pris en charge par la police ou une ambulance. Mais elle est morte de ses blessures peu de temps après son transfert à Singapour...

On est tous d'accord, c'est d'une barbarie sans nom. Il y a eu de nombreuses manifestations pour que les femmes soient mieux protégées dans une société encore largement dominée par les hommes. Il n'y a pas eu énormément de monde dans les rues en comparaison avec le milliard d'habitants en Inde, mais c'était déjà un bon début. Cependant, il y a des gens avec des raisonnements douteux dans chaque pays, et l'Inde n'y échappe pas:

  • Un gourou indien stigmatise la victime"Cette tragédie ne se serait pas produite si elle (la victime) avait chanté le nom de Dieu en tombant aux pieds de ses assaillants. L'erreur n'a pas juste été commise par un camp", dit-il. 
  • Le fils du président de l'Inde, Abhijit Mukherjee, qui est également parlementaire du parti du Congrès, avait ainsi déclaré que les femmes qui manifestaient contre le climat d'insécurité après l'agression étaient apprêtées comme des voitures volées 
Mais la palme revient à l'avocat des accusés!! Je vous invite à lire tout l'article. Mais voici la fin:


"L'affaire du viol de New Delhi a ainsi suscité une profonde demande de changement social en faveur de la femme. Mais, en Inde, on aura rarement entendu tant de propos contre la liberté de la femme. Et ce sont les femmes qui risquent d'en être punies : elles pourraient être encore plus surveillées, réprimandées et stigmatisées.
M. Sharma a peut-être très bien compris les points faibles du pays. Pour organiser sa défense, il tente de pointer l'Inde dans ses pires manquements : la brutalité notoire et banalisée des policiers (il les a accusés d'avoir maltraité son client pour soutirer des aveux), le mépris des pauvres dans le système judiciaire (il a demandé pour la compréhension de son client une traduction en hindi des mille pages du dossier à charge rédigé en anglais). Et pour finir, il surfe sur la pensée conservatrice et misogyne, prompte à susciter la sympathie pour les bourreaux et à faire de la victime "celle qui l'a bien cherché".
Et voilà on y vient! la victime qui devient coupable de son viol! ce n'est pas de sa faute, elle n'avait qu'à pas être dehors. Quelle horreur! En même temps, dans un pays aussi conservateur, et avec une mentalité aussi mysogyne,  ce n'est pas étonnant. ça me fait penser à ce que les républicains américains avaient dit à propos du viol: le viol selon les républicains vu sur le blog Les Furies (sur Blogspot).

Il y a 170 ans, le sati a été officiellement interdit. Malgré tout ça, il y a encore des cas en Inde. Le sati, c'est le bûcher des veuves. En gros, quand un homme meurt, sa femme est brûlée avec lui durant la cérémonie funéraire. Les foetus féminins sont régulièrement "éliminés", parce que avoir une fille = dot à donner au moment du mariage. Il y a encore plein d'exemples qui montrent la triste condition des femmes dans cette société commandée par les hommes. Il est urgent de faire évoluer ces mentalités, et même si ces traditions ne changent pas, il faut absolument que les femmes en Inde soient respectées à leur juste valeur. Une femme n'est pas un objet, ou un utérus sur pattes, ou une source de revenus. Une femme est avant tout un être humain au même titre que les hommes. Cette étudiante violée et sauvagement agressée aurait pu être une soeur, une mère, une cousine, une tante, une épouse...

Espérons que le juge condamnera les auteurs de ce viol collectif à une peine à la hauteur de ce crime. J'ai encore foi en l'humanité et j'y crois.

PS: Une nouvelle affaire de viol en Inde... Faut vraiment que ça change...

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