dimanche 23 février 2014

Témoignages sur le body-shaming


Bonjour tout le monde! Pour cet article j'ai décidé de vous faire partager deux témoignages sur ce que beaucoup d'adolescents (et sûrement beaucoup plus d'adolescentes): le body-shaming. Certains se font harceler à l'école , au travail, dans d'autres lieux publics. Mais les textes suivants traitent du body-shaming bien plus pernicieux, parce que ceux qui nous le font subir, ce ne sont pas des inconnus, mais des proches, des parents.
Le premier texte est de moi. Je l'ai écrit il y a un moment, et il a été publié sur le blog Au Bout Des Lèvres. Voici un petit extrait de ce texte:
"Ma mère se permettait de me faire des remarques sur ce qu’il y avait dans mon assiette… devant mes oncles. Oui devant mes oncles !  « Mais tu t’es trop servie là !! Pas étonnant que tu sois devenue aussi énorme ! » Vous imaginez l’humiliation ? Ben oui c’est extrêmement humiliant d’entendre ça, mais de surcroît ma mère le dit haut et fort devant des membres de ma famille, c’est encore pire… Malheureusement ça ne s’est pas arrêté. J’ai eu droit à des interrogatoires sur ma manière de manger, on m’accusait de ne manger que des gâteaux, de ne boire que des sodas, de me laisser aller."Si vous voulez lire tout le témoignage, c'est ici

Le deuxième texte vient d'une twittos, @Biaise, sur le même thème de la grossophobie. La différence c'est qu'elle met l'accent sur la violence âgiste. L'âgisme est la discrimination liée à l'âge. Par exemple (un cas qui revient souvent) quand on refuse d'engager quelqu'un parce qu'il est trop jeune ou parce qu'il est trop vieux. Ici @Biaise parle de son entourage adulte qui, sous prétexte qu'elle était plus jeune, se permettait de faire des remarques sur son poids. Souvent de manière paternaliste, et tout le temps en se la jouant psy ou médecin (bref c'est du genre "je sais mieux que toi ce qui te concerne"). Mais sans se soucier véritablement du ressenti de l'enfant/l'adolescent:
"Ma mère se plaint à toute la famille de ma prise de poids et combien elle le vivait mal, la pauvre, elle qui avait tant fait pour m’éviter cette honte. Alors que je revoyais ma famille du sud après 6 mois de séparation, le premier sujet de conversation fut mon poids. Chaque membre de ma famille est venu m’en parler en se prenant pour un fin psychologue, en répétant que c’était pour mon bien, et sans savoir que j’avais envie de leur enfoncer la tronche dans une bouse fraiche pour avoir le toupet de devenir des sbires de ma mère et de me reprocher de ne plus être aussi squelettique qu’avant. DÉSOLÉE DE PRENDRE UN PEU DE PLACE HEIN. Il suffisait que j’ajuste mon pantalon (trop petit car acheté par ma mère), que je doive me pousser pour laisser quelqu’un passer la porte, que je reprenne du pain, pour que des soupirs, des regards obliques et des commentaires désagréables apparaissent. Quand on fait 1m62 pour 60 kilos, devoir, à la demande de ta tante, reposer un toast beurré au repas de Noël car « tu n’en n’as pas besoin », ça perturbe légèrement l’image qu’on a de soit."
Le reste de ce témoignage est ici et vous pouvez voir d'autres posts sur le thème des violences âgistes sur le Tumblr.
Le point commun de nos témoignages, c'est qu'on aborde toutes les deux l'influence que notre entourage, surtout notre mère, a eu sur notre perception de soi. Ce que les gens perçoivent en général comme étant de la bienveillance peut être perçu comme quelque chose de toxique... Le truc, c'est que les jeunes ados ou les enfants savent qu'ils sont en position de faiblesse du fait de leur âge par rapport aux adultes, et ne peuvent donc pas répliquer. Et de plus, ils se disent que les adultes ont forcément raison (la sagesse, l'expérience et tout le tralala...)
En tout cas c'est comme ça que je l'ai vécu.
C'est pourquoi j'ai écrit ce texte et c'est pourquoi les gérantes du blog "Au bout des lèvres" l'ont publié.

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